Créer sa SASU en 2026 : étapes, coûts réels et pièges

Chiffres vérifiés le 01/08/2026

Créer une SASU seul, en direct, coûte entre 197 et 221 € en 2026 : l'annonce légale de constitution (forfait de 138 à 162 € HT selon le département, arrêté 2025), les frais de greffe pour l'immatriculation (37,45 €) et la déclaration des bénéficiaires effectifs (21,41 €). Tout le reste — statuts, dépôt du dossier au guichet unique INPI — peut se faire sans débourser un euro de plus. Passer par une plateforme ou un avocat ajoute de 150 € à plus de 1 500 € d'honoraires. Ces tarifs sont réglementés et révisés chaque début d'année : nous les re-vérifions chaque janvier, la date en badge fait foi. Avant de vous lancer, vérifiez que la SASU est le bon choix pour votre situation avec notre comparatif des statuts juridiques.

La SASU en deux phrases

La SASU est une SAS à associé unique : une société par actions simplifiée dont vous détenez 100 % des actions, avec une responsabilité limitée à vos apports et des statuts très libres. Elle se distingue de la micro-entreprise (un régime simplifié, pas une société) et de l'EURL (sa cousine à gérant travailleur non salarié) par un point central : son président est assimilé salarié, affilié au régime général.

Concrètement, la SASU crée une personne morale distincte de vous. Elle a son patrimoine, son compte bancaire, sa comptabilité, son imposition propre (l'impôt sur les sociétés par défaut). C'est plus lourd qu'une micro-entreprise à faire vivre, et plus protecteur dès que l'activité prend du volume ou du risque.

À retenir — Créer une SASU seul, en direct, coûte entre 197 et 221 € en 2026 : annonce légale 138 à 162 € HT selon le département, immatriculation au greffe 37,45 €, déclaration des bénéficiaires effectifs 21,41 €. Chiffres vérifiés le 01/08/2026 — Monde des Entrepreneurs.

Les 7 étapes, avec le coût réel de chacune

1. Rédiger les statuts

Les statuts fixent la dénomination, le siège, l'objet social, le capital, la durée, et surtout les pouvoirs du président. En SASU, la loi laisse une grande liberté de rédaction : c'est un avantage à la création, un piège si vous recopiez un modèle sans le comprendre. Les clauses d'agrément ou d'inaliénabilité, inutiles tant que vous êtes seul, comptent le jour où un associé entre au capital.

Créateur d'entreprise signant les statuts de sa SASU sur un bureau

2. Déposer le capital social

Le capital minimum est de 1 € — c'est légal, mais rarement une bonne idée (voir la FAQ). Les apports en numéraire doivent être libérés d'au moins la moitié à la constitution, le solde dans les cinq ans. Le dépôt se fait auprès d'une banque ou d'un notaire, qui remet une attestation de dépôt des fonds : cette pièce est exigée pour l'immatriculation. Les fonds restent bloqués jusqu'à la présentation du Kbis.

3. Publier l'annonce légale

L'avis de constitution se publie dans un support d'annonces légales du département du siège. Pour une SASU, le tarif est forfaitaire : environ 138 à 162 € HT selon le département (arrêté 2025, montant re-vérifié chaque janvier). L'attestation de parution rejoint le dossier d'immatriculation.

4. Déclarer la société au guichet unique INPI

Depuis 2023, toutes les formalités passent par le guichet unique (procedures.inpi.fr). Le dossier comprend le formulaire en ligne, les statuts signés, l'attestation de dépôt des fonds, l'attestation de parution, la pièce d'identité et la déclaration de non-condamnation du président, ainsi que la déclaration des bénéficiaires effectifs. Deux paiements à ce stade : 37,45 € d'immatriculation au greffe et 21,41 € pour les bénéficiaires effectifs.

C'est l'étape que les plateformes juridiques facturent : elles rédigent les statuts et déposent le dossier à votre place. Si vous préférez déléguer, vous pouvez faire faire les formalités par une plateforme (Legalstart, à partir de ~150 € + frais officiels) — les frais d'annonce légale, de greffe et de bénéficiaires effectifs restent dus dans tous les cas, personne ne peut les faire disparaître.

5. Recevoir le Kbis

Une fois le dossier validé par le greffe, la société est immatriculée au RCS : vous recevez l'extrait Kbis, le SIREN et le SIRET. Comptez de quelques jours à deux semaines depuis la signature des statuts si le dossier est complet — une pièce manquante et le compteur repart. Le Kbis sert aussi à débloquer le capital déposé à l'étape 2.

6. Ouvrir le compte professionnel définitif

Le capital débloqué est viré sur le compte courant de la société. Une société a l'obligation d'un compte dédié ; c'est aussi lui qui encaissera vos premières factures. Anticipez le décalage entre vos premières dépenses et vos premiers encaissements : ce besoin de trésorerie porte un nom, le besoin en fonds de roulement (BFR), et c'est lui qui étrangle les sociétés rentables sur le papier.

7. Caler les premières obligations déclaratives

Trois décisions à prendre dès le premier trimestre : le régime de TVA (franchise en base ou régime réel), la rémunération du président (avec déclaration DSN mensuelle dès le premier euro versé) et la date de clôture de l'exercice. La SASU tient une comptabilité d'engagement et dépose ses comptes chaque année — c'est ici que l'écart de charge administrative avec la micro-entreprise se paie.

Coût réel de création d'une SASU, étape par étape : en direct ou via une plateforme — vérifié le 01/08/2026
ÉtapeEn directVia une plateforme
1. Rédaction des statuts0 € (vous rédigez)Incluse dans le forfait (dès ~150 € HT)
2. Dépôt du capital0 € à quelques dizaines d'euros selon la banqueIdentique — le dépôt reste à votre nom
3. Annonce légale138 à 162 € HT (forfait selon département)138 à 162 € HT, refacturés
4. Greffe + bénéficiaires effectifs37,45 € + 21,41 €37,45 € + 21,41 €, refacturés
5. Kbis0 € (délivré à l'immatriculation)0 €
6. Compte professionnelSelon la banque (0 € à ~30 €/mois)Selon la banque
7. Premières déclarations0 € seul, ou honoraires d'expert-comptableSouvent proposées en abonnement additionnel
Total incompressible≈ 197 à 221 €≈ 350 € et plus (forfait + frais officiels)

Frais officiels réglementés (annonce légale : arrêté 2025 ; greffe et bénéficiaires effectifs : tarifs en vigueur), vérifiés le 01/08/2026 et re-vérifiés chaque janvier. Les frais bancaires varient d'un établissement à l'autre : comparez avant le dépôt.

Président assimilé salarié : ce que ça change

Le président de SASU est « assimilé salarié » : sa rémunération est soumise aux cotisations du régime général (hors assurance chômage — il n'y cotise pas et n'y a pas droit au titre de son mandat). C'est la protection sociale la plus complète des statuts de dirigeant, et la plus chère. L'ordre de grandeur à retenir : les cotisations patronales et salariales représentent environ 75 à 80 % du net versé. Pour vous verser 2 000 € nets, la société décaisse autour de 3 500 à 3 600 € — estimation, pas un chiffre officiel : le montant exact dépend du niveau de rémunération et des taux applicables.

Le miroir de cette règle est tout aussi important : pas de rémunération, pas de cotisations — mais aussi aucune protection. Un président non rémunéré ne valide ni trimestre de retraite ni droits maladie au titre de son mandat. C'est un vrai levier en phase de lancement (la société ne décaisse rien), à condition d'être couvert par ailleurs : un emploi salarié conservé, des droits en cours, ou une stratégie assumée de rémunération en dividendes.

Président de SASU en rendez-vous de travail avec son conseil

L'impôt sur les sociétés : 15 % puis 25 %

Par défaut, la SASU paie l'impôt sur les sociétés sur son bénéfice : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (taux réduit PME, sous conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital), puis 25 % au-delà. Vérifié au BOFiP le 01/08/2026. Une option temporaire pour l'impôt sur le revenu existe (cinq exercices maximum, sociétés de moins de cinq ans) ; elle se travaille avec un professionnel, pas sur un coin de table.

Ce que ça change pour vous : la rémunération du président est déductible du résultat, les dividendes ne le sont pas. Tout l'arbitrage salaire/dividendes de la SASU découle de cette phrase et des deux sections qui l'encadrent.

Dividendes : la flat tax à 30 %

Les dividendes versés à l'associé unique subissent par défaut le prélèvement forfaitaire unique de 30 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. L'option pour le barème progressif reste possible si elle vous est plus favorable. Contrairement à l'EURL, la SASU ne soumet pas les dividendes à cotisations sociales, quel que soit leur montant — c'est l'un de ses arguments majeurs.

Attention au raisonnement « 100 % dividendes » : le bénéfice distribué a d'abord payé l'IS, et des dividendes sans salaire signifient zéro droit social (voir plus haut). L'arbitrage se calcule chaque année, chiffres en main, en fonction de vos besoins de protection et de trésorerie.

SASU ou micro-entreprise ?

La micro-entreprise reste imbattable pour tester une activité : création gratuite, cotisations calculées sur les encaissements (21,2 % en prestations BIC, 26,1 % en libéral BNC hors Cipav, taux 2026), zéro comptabilité d'engagement. Ses limites sont connues : plafond de 77 700 € de chiffre d'affaires en services, aucune déduction de charges réelles, et une protection du patrimoine moins structurée qu'une société. La SASU prend l'avantage quand le chiffre d'affaires approche du plafond, quand les charges réelles sont lourdes, ou quand un investisseur doit entrer au capital.

Pour objectiver le choix : notre simulateur de charges en micro-entreprise chiffre ce que vous verseriez à l'Urssaf en micro, le guide micro-entreprise détaille le régime, et le comparatif complet des statuts met SASU, EURL et micro côte à côte, cas chiffrés à l'appui.

Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel (expert-comptable, avocat). Chiffres vérifiés aux sources officielles à la date indiquée.

Questions fréquentes

Une SASU au capital de 1 € est-elle prise au sérieux ?

Légalement, oui : 1 € suffit pour immatriculer une SASU. En pratique, un capital symbolique complique l'ouverture du compte professionnel et la demande de crédit, et il fragilise la trésorerie de départ. Beaucoup de créateurs déposent 500 à 1 000 € pour couvrir les premiers frais — c'est un choix d'image et de fonds de roulement, pas une obligation.

Combien de temps faut-il pour créer une SASU ?

Comptez de quelques jours à deux semaines entre la signature des statuts et la réception du Kbis, si le dossier déposé au guichet unique INPI est complet. Les étapes les plus longues sont le dépôt du capital en banque et le traitement par le greffe ; une pièce manquante peut ajouter plusieurs jours.

Peut-on créer une SASU sans se verser de salaire ?

Oui, et c'est fréquent en phase de lancement : sans rémunération, la SASU ne verse aucune cotisation sociale sur la présidence. La contrepartie est réelle : pas de cotisation, donc pas de droits à la retraite ni de protection maladie au titre de ce mandat. Le président doit alors être couvert autrement, par exemple par un autre emploi ou le maintien de droits existants.

Un expert-comptable est-il obligatoire en SASU ?

Non, aucun texte n'impose d'expert-comptable. La SASU doit en revanche tenir une comptabilité d'engagement et déposer ses comptes annuels, ce qui est nettement plus lourd qu'en micro-entreprise. En pratique, la plupart des présidents délèguent : l'erreur d'assiette d'IS ou de TVA coûte vite plus cher que les honoraires.

Sources de cette page

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Marion Delcourt — signature éditoriale de la rédaction Monde des Entrepreneurs · Mis à jour le 1er août 2026 · Une erreur, un montant périmé ? Écrivez-nous, la page sera corrigée et re-datée.