Quel statut juridique choisir en 2026 : micro, EURL ou SASU

Chiffres vérifiés le 01/08/2026

Pour un créateur solo en 2026, le choix se joue entre trois statuts. La micro-entreprise : 21,2 % de cotisations sur le chiffre d'affaires en prestations BIC, zéro bilan, mais un plafond de 77 700 €. L'EURL : un gérant travailleur non salarié qui verse environ 45 % de sa rémunération nette en cotisations — ordre de grandeur, pas un taux officiel, sans plafond de chiffre d'affaires. La SASU : environ 75 à 80 % du net en cotisations, la protection sociale la plus complète et des dividendes taxés à la flat tax de 30 %. Le détail critère par critère est dans le tableau ci-dessous ; votre cas est probablement dans l'un des quatre profils qui suivent.

Micro, EURL, SASU : le tableau comparatif 2026

Huit critères, trois statuts, une date de vérification. Les taux et plafonds sont ceux publiés par l'Urssaf et Service-public au 01/08/2026 ; les lignes marquées « ordre de grandeur » dépendent de votre rémunération réelle et ne sont pas des taux officiels.

Micro-entreprise, EURL (IS) et SASU (IS) comparées sur 8 critères — chiffres vérifiés le 01/08/2026
CritèreMicro-entrepriseEURL à l'ISSASU à l'IS
Cotisations sociales12,3 % du CA (vente) · 21,2 % (prestations BIC) · 26,1 % (libéral BNC hors Cipav)Gérant TNS : ~45 % de la rémunération nette (ordre de grandeur)Président assimilé salarié : ~75-80 % du net (ordre de grandeur)
Plafond de chiffre d'affaires188 700 € (vente) · 77 700 € (services)AucunAucun
TVAFranchise jusqu'à 85 000 € (vente) / 37 500 € (services), seuils majorés 93 500 / 41 250 €Régime réel (franchise possible sous les mêmes seuils)Régime réel (franchise possible sous les mêmes seuils)
Protection socialeRégime des indépendants, indemnités calculées sur le revenu déclaréRégime des indépendants (TNS)Régime général, comme un salarié (retraite, indemnités journalières)
Assurance chômageNon — aucune cotisation, aucun droitNonNon — assimilé salarié ne cotise pas au chômage
DividendesImpossibles (pas de société)Possibles ; la part au-delà de 10 % du capital est soumise à cotisations TNSPossibles, flat tax 30 %, sans cotisations sociales
ComptabilitéLivre des recettes, pas de bilanComptabilité complète, comptes annuels à déposerComptabilité complète, comptes annuels à déposer
Coût de création0 € (immatriculation en ligne gratuite)Annonce légale + greffe : ~200 € d'ordre de grandeur~200-220 € : annonce légale 138-162 € + greffe 37,45 € + bénéficiaires effectifs 21,41 €

EURL et SASU sont comparées ici à l'impôt sur les sociétés, leur régime le plus courant : IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (PME), 25 % au-delà. Le taux libéral micro est passé à 26,1 % au 1er janvier 2026 (décret n° 2024-484, troisième palier). Sigles obscurs ? Ils sont tous définis dans notre glossaire.

Le piège de lecture : trois pourcentages, trois bases différentes

Ne comparez jamais 21,2 %, 45 % et 80 % entre eux : ils ne portent pas sur la même assiette. En micro, le taux s'applique au chiffre d'affaires encaissé, sans aucune déduction de charges. En société, il s'applique à la rémunération que vous vous versez — après les charges de l'entreprise, et seulement sur ce que vous sortez.

Un exemple complet, au taux 2026 : un micro-entrepreneur en prestations de services (BIC) qui facture 40 000 € verse 8 480 € de cotisations sociales, au taux de 21,2 %. Il lui reste 31 520 € avant impôt. Ce taux n'a pas bougé depuis 2022. Le même chiffre d'affaires logé dans une EURL donnera un résultat différent selon les charges réellement déduites et la rémunération choisie : c'est précisément pour cela qu'aucun tableau ne peut trancher à votre place au-delà d'un certain revenu. La micro gagne quand vos charges réelles sont faibles ; le réel gagne quand elles dépassent l'abattement forfaitaire de votre catégorie.

Créateur d'entreprise comparant trois dossiers de statuts juridiques posés sur un bureau

Choisissez par votre situation : quatre profils

1. Salarié avec un projet à côté : la micro, sans hésiter

Vous gardez votre salaire, vous testez une activité le soir ou le week-end. La micro-entreprise coûte 0 € à ouvrir, se déclare en ligne, et vous ne payez que si vous encaissez : 21,2 % du chiffre d'affaires en prestations BIC, 12,3 % en vente. Sous 37 500 € de services, vous facturez sans TVA. Votre protection sociale reste celle de votre emploi salarié. Ce que ça change pour vous : aucun frais fixe tant que le projet ne prouve rien. Deux leviers à connaître dès le départ : l'ACRE, qui réduit les cotisations de 50 % la première année civile (sous conditions), et le versement libératoire de l'impôt sur le revenu — 1 % du CA en vente, 1,7 % en prestations BIC, 2,2 % en BNC — qui solde l'impôt au fil de l'eau si votre revenu fiscal le permet. Le fonctionnement complet est détaillé dans notre guide de la micro-entreprise.

2. Libéral qui monte : attention au 26,1 %

Pour les professions libérales non réglementées (BNC hors Cipav), le taux micro a grimpé par paliers : 23,1 % en 2024, 24,6 % en 2025, 26,1 % depuis le 1er janvier 2026. Sur 60 000 € de recettes, la différence avec le taux de 2024 représente 1 800 € de cotisations en plus, sans contrepartie de droits. Passé un certain revenu, la micro n'est plus automatiquement le régime le moins cher : une EURL au réel déduit ses charges réelles là où la micro applique un abattement forfaitaire. Faites le calcul sur vos propres chiffres avec le simulateur de charges micro avant de trancher — puis comparez avec un devis d'expert-comptable pour le réel.

3. Solo qui veut se payer en dividendes : la SASU

Le schéma type : une rémunération de président modeste ou nulle, un bénéfice imposé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà), puis des dividendes taxés à la flat tax de 30 % — sans cotisations sociales, contrairement à l'EURL où la part de dividendes au-delà de 10 % du capital cotise comme du revenu TNS. Revers de la médaille : sans rémunération, pas de trimestres de retraite validés ni d'indemnités journalières. C'est un arbitrage à chiffrer année par année, pas un réglage définitif. Les étapes, les coûts et les pièges de la création sont dans notre guide créer sa SASU.

4. À deux ou plus : SARL ou SAS

L'EURL et la SASU sont des formes unipersonnelles. À plusieurs associés, les mêmes logiques s'appliquent à la SARL (gérant majoritaire TNS) et à la SAS (président assimilé salarié) : le tableau ci-dessus reste votre grille de lecture, statuts rédigés à plusieurs mains en plus.

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Notre lecture au 01/08/2026

À date, la hiérarchie n'a pas changé : la micro reste imbattable pour démarrer sous les plafonds, la SASU reste le véhicule des stratégies à dividendes, l'EURL occupe l'entre-deux des revenus réguliers avec charges réelles à déduire. Ce qui a bougé cette année : le taux libéral à 26,1 %, qui déplace le point de bascule vers la société pour les BNC qui dépassent un certain revenu.

Si vous créez une société, vous pouvez déposer le dossier vous-même au guichet unique (les frais incompressibles du tableau, rien de plus) ou passer par une plateforme juridique comme Legalstart, qui prépare statuts et formalités contre des honoraires. Ni obligatoire, ni honteux : c'est du temps acheté. Comparez le devis au tarif d'un expert-comptable local avant de signer.

Combien coûte le passage micro → société

Beaucoup de créateurs commencent en micro puis basculent quand l'activité tient. Le coût du changement se décompose ainsi, au 01/08/2026 :

Autrement dit : la bascule elle-même coûte peu. C'est le régime d'arrivée — compta, cotisations sur rémunération, obligations déclaratives — qui doit être budgété avant, pas après.

Être accompagné dans le choix

Votre situation ne rentre pas proprement dans un des quatre profils ? Décrivez-la en deux listes et un email : nous revenons vers vous avec les questions à poser (et à qui) avant de choisir. Pas de démarchage, pas de revente d'adresse.

Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel (expert-comptable, avocat). Chiffres vérifiés aux sources officielles à la date indiquée.

Questions fréquentes

Micro-entreprise ou SASU : que choisir en 2026 ?

La micro l'emporte tant que le chiffre d'affaires reste sous 77 700 € (services) et que vous cherchez la simplicité : 21,2 % de cotisations en prestations BIC, déclaration en ligne, pas de bilan. La SASU devient pertinente quand vous visez des dividendes, une protection sociale complète ou un dépassement durable des plafonds.

EURL ou SASU : quelle différence de cotisations ?

Le gérant d'EURL est travailleur non salarié : ses cotisations représentent environ 45 % de sa rémunération nette — un ordre de grandeur, pas un taux officiel. Le président de SASU est assimilé salarié : comptez environ 75 à 80 % du net. En contrepartie, la SASU ouvre la protection du régime général, hors assurance chômage.

Peut-on passer de la micro-entreprise à une société ?

Oui, à tout moment. Il faut radier la micro-entreprise (gratuit, en ligne), créer la société — environ 200 à 220 € de frais incompressibles pour une SASU en 2026 — puis, le cas échéant, apporter ou céder le fonds. Le vrai coût récurrent est la comptabilité, qui devient obligatoire.

Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?

Non. Assimilé salarié ne veut pas dire salarié : le mandat de président ne cotise pas à l'assurance chômage et n'ouvre aucun droit. Un créateur qui percevait l'ARE avant de créer peut en revanche, sous conditions, continuer à la percevoir.

Sources de cette page

Faites vos propres chiffres

Avant de quitter la micro, mesurez ce qu'elle vous coûte vraiment sur votre chiffre d'affaires réel, ACRE comprise.

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Marion Delcourt — signature éditoriale de la rédaction monde-des-entrepreneurs.fr · Mis à jour le 1er août 2026 · Un taux périmé, une erreur ? Écrivez-nous, la page sera corrigée et re-datée.